L'histoire du musée


Musée de société, il traite de la vie quotidienne des habitants du Petit-Caux et, plus généralement, des Français de la fin du XIXe siècle à la fin du XXe siècle. Son enjeu est d’étudier le patrimoine matériel et immatériel de la région, ses traditions, coutumes, pratiques religieuses mais aussi de rendre accessibles à tous les publics les savoirs sociologiques, scientifiques, techniques et industriels se rapportant à la vie quotidienne.

 

 

L’association du Musée des Arts et Traditions Populaires du Talou est à l’origine du projet

 Logo de l'association du Musée des Arts et Traditions Populaires du Talou

Etablie près de Dieppe, l’association du Musée des Arts et Traditions Populaires du Talou collecte les traces d’un passé régional commerçant, artisanal et industriel, et documente ainsi un nombre insoupçonné de corps de métiers. Des 20 000 pièces qui constituent sa collection, un millier a été définitivement cédé au Musée d’Histoire de la Vie Quotidienne et près de 8 000 lui sont confiées en dépôt. La constitution de ce conservatoire du territoire a débuté il y a 25 ans autour de David Raillot, président de l’association. Entraîné dans une quête sans fin, le collectionneur s’intéresse alors aux brocs à lait, pour décliner peu à peu sa passion à l’ensemble des métiers de l’élevage puis aux différentes professions de la région normande. D’expositions temporaires en conférences dans les écoles et médiathèques, les 60 membres de son association débusquent, inventorient et rénovent les objets qui ont peuplé le quotidien de 1890 à 1999. Sans lieu pour présenter de manière pérenne la multitude d’objets réunie, l’association a sensibilisé les villes de Seine-Maritime afin de constituer un musée.

Saint Martin en Campagne et la Maison Mercier se sont imposées avec un projet muséal et scientifique proposant les meilleures conditions de présentation et de conservation des objets. Car « l’important est de remonter à la source d’une identité territoriale, en préservant les objets qui marquent une époque » souligne le collectionneur. Des impressionnantes machines d’imprimerie de la fin du XIXe siècle aux caractéristiques tracteurs orange Vendeuvre qui, fabriqués jadis dans la région, ont arpenté les campagnes normandes, de vêtements de travail en habits de fête des années 1920 à 1970, des machines à écrire de 1890 aux ordinateurs Amstrad des années 1980, du tonnelier au charron, du cordonnier au bourrelier… l’association opère un travail de mémoire et d’inventaire à la base d’une transmission et d’une connaissance des savoir-faire d’antan, restituant ainsi des vies de labeur. Images, lithographies, films documentaires et échanges complètent son travail de fourmi et de passeur.

 

Le Musée d’Histoire de la Vie Quotidienne commence avec la restitution de la Maison Mercier…

 

Petit manoir normand en pans de bois, il est à la fois le témoignage d’une architecture régionale et de l’histoire de Saint Martin en Campagne. Le projet global de construction du musée s’inscrit donc dans une démarche de mémoire, dont la Maison Mercier est le point d’orgue. La volonté première de la commune a été de sauvegarder ce bâtiment, dernier témoin de l’histoire médiévale de Saint Martin en Campagne. Ancienne ferme datée du XVIe siècle, la Maison Mercier a conservé nombre de ses dispositions originelles. Il a donc été décidé de faire un relevé archéologique précis avant de mettre en œuvre sa restitution. Ce travail a permis d’obtenir une somme d’indices qui a conduit à une reconstitution de la maison dans son état d’origine. Le chantier de restauration et réhabilitation a été mis en place en décembre 2008 et s’est terminé fin octobre 2010. Cet édifice « documentaire » a été choisi initialement comme le lieu idéal pour présenter la collection du musée en devenir.

 Façade avant de la Maison Mercier, avant les travaux, 2007   Façade avant de la Maison Mercier, après travaux, 2011.   Façade arrière de la Maison Mercier, avant travaux, 2007.   Façade arrière de la Maison Mercier, aprèst travaux, 2011.

 

… et se termine avec la construction de l’extension contemporaine

 

Elévations du projet de musée, par le cabinet A4 architectes, 2010.Construire aujourd’hui aux abords d’un bâtiment à caractère historique soulève une question essentielle : comment faire dialoguer ensemble deux architectures d’époques différentes ? Cette interrogation a guidé la conception des nouvelles constructions du musée. Le parti architectural s’appuie sur le respect de la restauration de la Maison Mercier dont le pan de bois est le symbole. Ce projet est à la fois ambitieux et respectueux du contexte urbain dans lequel il s’inscrit, c’est à dire le cœur de la commune. L’objectif a été, d’une part, de préserver au maximum le square existant avant travaux et, d’autre part, de conserver les liaisons piétonnes et visuelles vers les principaux édifices communaux : la mairie, l’église et la salle des fêtes. Compte tenu de ces contraintes et de la surface importante du musée, l’intérêt de construire la grande salle d’exposition en sous-sol s’est rapidement révélé, permettant d’une part de reconstituer le jardin en surface et d’autre part d’exposer les collections à l’abri de la lumière naturelle pour favoriser leur bonne conservation.

 

La construction se décompose en trois corps de bâtiment : l’accueil, la galerie d’exposition en sous-sol, et l’escalier de liaison contre le pignon de la Maison Mercier. Grâce à la construction de cet escalier, la Maison Mercier est intégrée au parcours scénographique de l’ensemble du musée. Le bâtiment « accueil » est volontairement reculé par rapport à la Maison Mercier, pour ne pas la masquer et en conserver une perception visuelle complète. Le programme nécessitait la construction d’un escalier pour desservir les deux niveaux de la maison. Cet escalier est la seule greffe architecturale sur la construction ancienne, côté pignon. Les constructions nouvelles présentent une esthétique contemporaine affirmée, une volumétrie simple et des lignes épurées. Par opposition, cette sobriété est revendiquée afin de mettre en valeur la richesse architecturale de la Maison Mercier, et notamment son pan de bois restauré au dessin tortueux. Le choix du verre et du métal pour les nouvelles façades est motivé par la même volonté : se différencier et ne pas inciter à la comparaison entre l’ancien et le neuf. La liaison entre l’écriture architecturale de l’ancien et celle du contemporain est assurée par un travail particulier sur le rythme commun des façades. L’habillage métallique des nouvelles façades présente une succession de percements au rythme vertical affirmé. Il est complété par de grands brise-soleil verticaux dont l’orientation aléatoire fait chatoyer le métal à l’aspect vieilli. Le jeu de pleins et de vides ainsi créé offre une retranscription contemporaine du rythme du pan de bois ancien.

 

Perspective réaliste du début du parcours de visite, par l'Atelier Akiko, 2013.Dans la partie récente, après l’accueil, les visiteurs sont invités à descendre dans le sous-sol du musée pour y découvrir une vaste salle dont ils ne pouvaient soupçonner l’existence un instant plus tôt. Les collections sont placées thématiquement sur un écrin bleu unissant socles et vitrines. Ainsi, les objets du quotidien sortent de leur contexte pour mieux révéler leur absolue essence, patinée par la trace des hommes, gagnant la part de mystère et de grandeur que l’on attend d’un trésor. C’est un second niveau de lecture, orchestré par de grandes images et des films d’archives domestiques diffusés sur des écrans interactifs, qui relaye ensuite la contextualisation de leurs usages respectifs. De grandes plages graphiques portent une iconographie de cartes postales anciennes, où hommes et femmes, témoins de l’histoire de la région, posent, non sans fierté parfois, dans leur activité quotidienne et attirent le regard du visiteur. Selon le programme culturel, un espace d’exposition temporaire est aussi à visiter. La collection est étudiée suivant trois angles : ethnologique, historique et des sciences et techniques. Elle est présentée dans quatre grandes thématiques : Agriculture, Artisanat et Industrie, Commerces et Services, Vie sociale et Culturelle.

 

 

Les collections non exposées sont conservées dans les réserves

 Façade du bâtiment des réserves, 2015.

Avant même la construction du musée, son bâtiment des réserves a été construit à environ 1km. Grâce à un système permettant la régulation du climat des salles de stockage, la conservation des quelques 7600 objets non exposés est assurée.

Egalement, les réserves se sont dotées d’une chambre de traitement par anoxie, afin de dés-infester ses collections. Rares sont les musées pourvus de ce type d’équipement assurant la destruction des organismes nuisibles aux objets. La chambre de traitement par anoxie du Musée d’Histoire de la Vie Quotidienne de Saint Martin en Campagne est accessible à toutes institutions, à tous professionnels ou particuliers voulant faire traiter leurs collections.